L’AVIRON GRENOBLOIS

 120 ANS D’HISTOIRE

 1893-2013

  (version longue)

1893-1914 : un commencement modeste

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En 1893, une poignée de jeunes sportifs dont les frères Joseph et Auguste ROSSET, Henri GLENAT et M.TARTAVEL créent l’Aviron Grenoblois. Son siège se trouve alors au Café Français, 15 rue du Lycée (aujourd’hui Rue Raoul Blanchard). L’Aviron Grenoblois semble succéder à une autre société, l’Union Nautique de Grenoble, qui aurait périclité après une existence éphémère.

Cette création prend place dans un contexte de diffusion de l’aviron en France depuis la Grande Bretagne, où il s’est développé sous sa forme moderne depuis le 18ème siècle.

 

C’est en 1838 qu’un groupe d’amateurs passionnés crée la Société des Régates du Havre : elle est la doyenne des sociétés françaises de sport nautique.

 

L’Aviron Grenoblois naît dans une rEn 1939, la société doitégion où déjà des sociétés d’aviron existent depuis quelques années : Union nautique de Lyon (1880), Club Nautique d’Aix-Les-Bains (1882), Cercle de l’Aviron de Lyon, fondé en 1890 par des membres dissident des Régates Lyonnaises

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Peu après, en 1898, viendra au monde le Club Nautique de Chambéry le Bourget-du-Lac.

 

Puis, dans les premières années du vingtième siècle, se créera une société à Romans, aidé dans ses débuts par l’Aviron Grenoblois, ce qui explique peut-être les relations amicales qui ont toujours existé entre l’Aviron Romanais Péageois et la société de Grenoble.

 

Ainsi, en 1908, L’équipe GUIGUET demande au conseil d’administration de l’Aviron Grenoblois l’autorisation de se rendre à Romans en yole de mer. Cette sortie offrant des dangers sérieux, il est décidé qu’une commission se rendra à IZERON pour se rendre compte des passages dangereux. On ne sait pas si cette aventureuse randonnée a finalement eu lieu…..

 

Le premier garage de la société nautique de l’Aviron Grenoblois est déjà situé à l’Ile Verte, au bord du chemin de halage, probablement à l’endroit où se situe le club actuel. Il est propriété de la famille BIRON qui le loue à la société. Cette location entraînera de fréquents litiges entre la société et ses propriétaires, qui feront couler beaucoup d’encre (et de salives) lors des réunions de la société.

Les installations du garage sont, dans les débuts, rudimentaires : ainsi, en 1907, l’idée d’installer une douche au garage est abandonnée : les canalisations sont à poser sur une longueur trop importante et le projet est donc jugé trop coûteux

 

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En 1898, le garage n’abrite que quelques bateaux en état de fonctionnement, une bonne partie étant la propriété privée de sociétaires. Un inventaire en date du 9 septembre de cette année permet de se faire une idée du patrimoine de la société et de ses membres :

 

– « Plan-Plan » Outrigger de pointe 4 rameurs assez bon état avec ses 4 avirons. Propriétaire : 3 sociétaires. Il sera donné à la société en 1899

– « Bleu-Bleu » Outrigger à 4 rameurs très mauvais état, sans avirons, sans sellettes, sans arrière. Propriétaire : la société

– « Sentinelle » yole de mer à 4 rameurs avec ses 4 avirons. Assez bon état. Propriétaire : la société

– « Sultane » Yole fine à 4 rameurs et ses 4 avirons en assez bon état. Propriétaire : la société

– « Tant-pis » Yole à 2 rameurs sans aviron – hors service . Propriétaires : 2 sociétaires

– « Coco » Skiff en bon état avec ses 2 avirons. Propriétaire : 1 sociétaire

– « Crocodile » « As » (skiff) en assez bon état, sans avirons, avec pontage démontable. Propriétaire : la société

– « Gaby », « Eclair », « Hirondelle » : périssoires en assez bon état. Propriétaire : la société

– « Qui-vive » : périssoire en bon état, sans pagaies. Propriétaire : 1 sociétaire

– « La Flèche », « Tant-pis », « Passe-partout » : périssoires en mauvais état. Propriétaire : la société

– « Etincelle » : périssoire en mauvais état. Propriétaire : 1 sociétaire

– « Hirondelle » : Yole à 2 rameurs en couple avec dossier canné et ses 4 avirons. Propriétaire : 1 sociétaire. Sera donné à la société en 1899

 

Au cours de ses premières années, la société changera bien des fois de siège, migrant de café en café, pour des raisons qui restent souvent mystérieuses, mais parfois conflictuelles (les consommations n’étaient pas toujours payées….). Ainsi, en 1899, l’assemblée décide de transférer le siège de la société chez M. CROIBIER, cafetier Place Grenette

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L’Aviron Grenoblois, malgré la passion de ses créateurs, a d’ailleurs bien failli disparaître en bas âge et ne pas connaître le 20ème siècle. En effet, en 1899, sous l’impulsion de M. De LAMORTES FELINES, bienfaiteur de la société et président du Stade Grenoblois (société d’athlétisme), les deux sociétés sont sur le point de fusionner. Ce projet sera finalement abandonné, les conditions proposées par le Stade Grenoblois n’étant pas finalement pas jugées acceptables par les instances dirigeantes de l’Aviron. On respire à postériori.

Pour assurer sa survie en s’intégrant dans le tissu grenoblois, la jeune société cherche sans relâche à attirer des notables locaux, des commerçants, des avocats….en leur offrant, avec force démonstration, le statut de membre honoraires ou de président d’honneur (dans le but avoué de s’attirer leurs largesses ou de bénéficier de leur influence). Ainsi, en 1900, M.RIVAIL, Adjoint au Maire de Grenoble et futur Maire de la ville (de 1904 à 1908), accepte la présidence d’honneur de la société.

La société est exclusivement masculine, comme pour la plupart des sports à l’époque. La présence de dames comme passagère des embarcations n’en fait pas moins l’objet de débats passionnés, sans doute pour des questions de bonnes mœurs. Ainsi, lors de la réunion du conseil du 2 août 1901, est-il fait interdiction, sous peine d’amende de 1 franc de « sortir des dames en bateau », dans les bateaux de la société. Pour les bateaux de propriétaires privés, cela est cependant finalement admis, après de longues discussions. D’aviron féminin, à l’époque, il ne semble donc pas être question.

La société compte parmi ses membres des personnalités qui feront l’histoire de Grenoble. Ainsi, Auguste DIDIER (né en 1886), plusieurs fois secrétaire de la société et rameur émérite dans les années 1900-1910, sera le fondateur dans les années 1920 de la célèbre librairie grenobloise Didier et Richard, principale concurrente de la librairie Arthaud jusque dans les années 1980.

Cependant, la société nautique est bien modeste à ses débuts : en 1900, elle compte environ 16 membres actifs et 17 membres honoraires.

Dans les premiers temps, l’aviron se pratique sur l’Isère essentiellement en yoles (bateaux larges adaptés à la pratique en mer), qui, à l’époque, semblent pour les rameurs grenoblois les seules embarcations adaptées à cette tumultueuse et imprévisible rivière. L’utilisation d’ « outriggers » (littéralement en anglais, « les portants – riggers – en dehors ») bateaux étroits et légers, munis de portants, adaptés à la pratique en rivière ou lac ne commencera vraiment que dans l’entre-deux-guerres. L’outrigger est à l’époque vu à Grenoble avec un mélange de méfiance et de crainte, comme le montre le débat de la réunion générale du 3 mai 1901, où il est question de monter une équipe de course pour aller participer à des régates à Lyon. M ROSSET, Trésorier de la société, déclare ainsi que « Les courses se font généralement en outriggers […] Ces outriggers ont très peu de stabilité et une grande habitude est nécessaire pour les monter ».

Dans cette même réunion, M. ROSSET nous montre également un bel exemple de la classique défiance du Grenoblois face au Lyonnais à qui l’on ne peut vraiment pas faire confiance, lorsqu’il s’inquiète du fait que l’on devra emprunter des bateaux : « Les bateaux que les sociétés lyonnaises prêtent ont beaucoup de défauts et sont inférieurs aux autres [….] Si nos équipiers se classaient par hasard dans la première course et rapportent quelques prix, il est à peu près sûr que la société lyonnaise pour écarter des concurrents trouverait une raison quelconque pour ne pas prêter le bateau. ».

En 1908, l’outrigger n’est toujours pas en cour dans la capitale des Alpes : des rameurs de Bordeaux, les frères TROLLIET, font savoir par courrier qu’ils désirent vendre leur outrigger pour 600 Francs. Après débat en conseil, réponse leur est faite que l’Isère ne se prête pas à ce genre de canotage. Ils sont par contre informés que la société est intéressée par une yole de mer à 4 rameurs, s’ils en connaissent une à vendre.

Les entraînements ont lieu essentiellement le dimanche et le samedi, les entraînements durant la semaine étant réservés aux équipes de compétition dûment constituées après accord des instances dirigeantes de la société. Le but est toujours de préserver le précieux matériel, d’éviter les accidents, mais aussi que des personnes étrangères à la société ou d’anciens sociétaires qui ne sont pas à jour de cotisation ne montent dans les bateaux. En effet, ce type d’incident revient de temps en temps, avec parfois excès de boissons et propos inconvenants.

Outre la préservation du matériel et la tenue en public des sociétaires, la sécurité revêt très tôt un aspect important de la pratique de l’aviron, d’autant plus que l’Isère est tout de suite considéré par les sociétaires comme un bassin impétueux. Lors de la réunion générale du 20 mars 1901, il est décidé que tout nouveau sociétaire devra déclarer par écrit qu’il sait nager et que s’il ne sait pas nager, il devra avoir une permission signée de ses parents. Les sorties de nuit sont par ailleurs déjà interdites. Un concours de natation entre les sociétaires sera organisé épisodiquement.

Ces précautions n’empêchent malheureusement pas qu’au cours des régates du 14 juillet 1910, un sociétaire, Albert DIDIER, meurt par noyade, suite au chavirage de son embarcation. Dans ce bateau se trouvait un autre DIDIER (Auguste, cité plus haut), homonyme du précédent. La fille d’Auguste DIDIER, Mme Marie-Hélène DOLLON, se souvient que son père lui avait expliqué que, pendant un temps, sa famille avait craint que ce ne fût lui qui se soit noyé. Il apparaît qu’Albert DIDIER, qui savait nager, avait tenté de rejoindre la berge et s’était malheureusement noyé, tandis qu’Auguste, qui, lui, ne savait pas nager, était resté accroché à son bateau en attendant les secours, ce qui lui a sûrement valu la vie sauve.

Dès ses premières années, l’Aviron Grenoblois organise un match annuel interne à la société et des régates sur l’Isère, notamment à l’occasion de la Fête Nationale du 14 juillet. Ces régates, ou « fêtes nautiques », se déroulent d’abord, elles aussi, entre équipage de la société, puis, progressivement, y sont invitées des sociétés d’aviron voisines (Romans, Aix-Les Bains, Chambéry…). Ces régates attirent un public nombreux, et font partie intégrante de l’animation de la ville. La société ne manque pas de demander une subvention à la ville de Grenoble pour l’organisation de ces fêtes nautiques ou lorsque, par exemple, un bateau y a été endommagé. Ces régates sont souvent accompagnées par une société de fanfare locale. La sécurité y est assurée par la « Société des Sauveteurs » avec laquelle l’Aviron entretient de bons rapports. Le parcours de ces régates fluctue selon les éditions, mais il est principalement centré dans la partie du bassin située entre le pont de la Citadelle et le pont de l’Esplanade (pont de la Porte de France aujourd’hui) et ce, afin d’être plus en vue du public, au cœur de la cité. Il semble donc que cette partie de la rivière était à l’époque plus « ramable » qu’actuellement. A partir du tout début du 20ème siècle, l’Aviron Grenoblois commence également à participer à des régates organisées par les sociétés de la région et à acheter des yoles d’occasion ou neuves, telles que « Cularo », « Frou-Frou », « Iserette », au fur et à mesure que le nombre de ses sociétaires augmente et donc, les ressources financières. Pour ses achats neufs, la société s’adresse aux établissements RIVET, fabricants de bateaux et d’avirons à Lyon, qui semble jouir d’un monopole régional en ce début de 20ème siècle.

Lors des régates à l’extérieur, le transport des bateaux se fait par train et donc, les bateaux étaient probablement portés par les rameurs jusqu’à la gare de Grenoble.

L’année 1908 voit les premiers succès de l’Aviron Grenoblois dans des régates régionales. Lors des régates d’Aix les Bains du 15 août, l’équipe GUIGUET, BOZONNAT, DIDIER Auguste, DAY ; barreur : ALBERTY remporte le 1er prix en 4 débutants (sur 8 partants). Le prix de cette régate est une statue en bronze représentant un rameur. Les régates du 23 août à Romans voient l’équipe à 4 (DIDIER Auguste, MASSET, JARRIN, AMOT, barreur : ALBERTY) gagner 2 premiers prix et M. PASCAL, en canöé, enlever un premier prix.

La discipline se veut stricte au sein de la jeune société, du fait de ses faibles moyens financiers et du coût déjà important de l’acquisition ou de la réparation du matériel. Les amendes pleuvent, pour non-respect du règlement intérieur, absence aux réunions, mauvaise tenue des rameurs, propos inconvenants, ou pour bris de matériel Ainsi, le Conseil du 16 mars 1908 décide que « L’équipe DAVID n’ayant pas remis les avirons à la place qui leur est assignée, une amende de 0,50 F leur est infligée …Cette même équipe étant partie en laissant le garage ouvert, une autre amende de 0,50 F lui est infligée ».

Pour assurer des rentrées financières, la société organise presque chaque année un bal, en général dans un restaurant ou un hôtel de la ville. Un banquet réunissant membres actifs et membres honoraires est aussi régulièrement organisé. Les recettes ne sont cependant pas toujours à la hauteur des espérances.

Un « capitaine d’entraînement » et un « conservateur du matériel » sont régulièrement élus par les instances dirigeantes de la société, mais les démissions à ces postes sont fréquentes, parfois suite à des conflits bien sentis avec des rameurs rétifs à la discipline. Pour parfaire la technique des sociétaires, le conseil du 5 octobre 1900 vote l’achat du manuel de la « Théorie du coup d’aviron anglais » pour le prix de 5 francs. Peut-être se trouve-t’il encore dans nos archives ?

Outre la valse des capitaines d’entraînements et des conservateurs du matériel, les démissions sont fréquentes dans le bureau de la société : présidents, secrétaires, trésoriers défilent dans les premières années du 20ème siècle, malgré de grands éloges en réunion pour essayer de les retenir. Heureusement, il se trouve toujours des volontaires pour remplacer les démissionnaires.

Dès ses débuts, l’Aviron Grenoblois gère sérieusement ses deniers. En 1909, la société touche une prime de 400 francs pour une mystérieuse « découverte de M. HELMSTATT » qui porte l’encaisse de la société a environ 1200 francs. Suite à cette rentrée d’argent visiblement inattendue, la société ouvre un compte à la Société Générale et l’achat de 500 francs de valeur est décidé : c’est le début de l’histoire patrimoniale de la société, qui lui permettra par la suite de devenir propriétaire de son garage.

Le dimanche 27 août 1911, la société organise ses premières régates sur le lac de Charavines, avec le soutien d’une subvention de 100 francs du syndicat d’Initiative.

Mais l’année 1914 se profile à l’horizon, et, avec elle, le premier conflit mondial. La plupart des rameurs, qui sont en âge de porter les armes, sont mobilisés. Les sociétaires non mobilisés continuent quelques sorties jusqu’à la fin septembre 1914, puis la société entre en sommeil jusqu’en 1919.

 

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1919-1939 : le développement de la société et les premiers résultats marquants

 

 

L’activité de la société reprend au début de 1919 avec le retour des premiers sociétaires démobilisés. L’ambiance est sombre : si les bateaux et le garage ont pu être conservés grâce à des membres non mobilisés, le bilan humain est lourd : plus de 10 sociétaires ont été tués pendant les 4 ans de guerre : BRUTSCHE, COLOMBO, GUILLAT COURIER, L’ECRIVAIN, LHUINTE, THOMAS, MOREL, ROCHE, DAVID Etienne, FINET Georges, DENARIE, GUILLET, BERLIOZ, BERARD

Lors de la Fête nautique du 12 octobre 1919, sont fêtés les 25 ans de la société, qui n’avaient pas pu être célébrés en 1918, du fait de la guerre. Les courses sont nombreuses, mais uniquement entre équipes du club, les autres sociétés étant elles aussi en pleine réorganisation.

Bien entendu, d’autres sociétés ont encore plus souffert. Ainsi, lors de la réunion du conseil du 24 juillet 1919 est ouverte une souscription auprès des membres pour un secours à la société nautique de Sedan dévastée par « les boches », comme on disait à l’époque.

Un nouveau Président, le Dr BISCH, qui possède une clinique réputée à Grenoble est élu lors de la réunion Générale du 16 octobre 1919. Sous l’impulsion de ce médecin, la société va prendre un nouvel envol.

Dès 1920, la société compte plus de 50 membres et, grâce à une souscription qui a permis de lever la somme de 5000 Francs, l’Aviron Grenoblois peut enfin faire l’acquisition de son garage que ses propriétaires, les BIRON, ont finalement accepté de lui vendre après de longues tractations, commencées dix ans plus tôt.

 

Le siège de la société est transféré au Café Vincent 6 Grande Rue à Grenoble, pour pouvoir accueillir les sociétaires désormais plus nombreux.

La réunion de bureau du 29 avril 1920 définit pour les jeunes rameurs le terme de « bassin » : partie de l’Isère comprise entre l’aval du Pont de l’Ile Verte et l’amont de la Porte de l’Ile Verte (cette porte des fortifications a disparu depuis, mais elle se trouvait un peu en amont du Pont de la Citadelle). Cette appellation, comme on le sait, était destinée à traverser les époques puisqu’elle est toujours utilisée aujourd’hui.

Dans les années 1920, commencent à être régulièrement organisées des régates sur le lac de Laffrey, qui deviendront une institution du club jusque dans les années 1980.

 

En 1924, le garage de la société, devenu trop étriqué, et qui menaçait ruine, est démoli puis reconstruit grâce à l’effort de tous les membres, qui délaisseront l’entraînement pendant 2 mois pour se consacrer à ces travaux, ne laissant que les tâches nécessitant des qualifications particulières à des professionnels.

 

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Cette même année, un jeune homme, Georges TARDY, né en 1908, fait ses débuts de rameurs à Grenoble. Il sera un membre très marquant et très fidèle de l’Aviron Grenoblois. Compétiteur brillant, il deviendra plus tard entraîneur, secrétaire puis président d’honneur de l’Aviron Grenoblois. Journaliste au Petit Dauphinois, puis au Dauphiné Libéré qui lui succède à la libération, c’est en grande partie grâce à lui que le club possède une riche documentation photographique. Il rédigera un premier historique du club pour les cent ans de la société, en 1993.

En 1927, le Dr BISCH doit démissionner de la présidence pour raisons de santé. Paul FELTRIN, entrepreneur dynamique, déjà fortement impliqué dans la vie du club, prend sa succession. Le Dr BISCH ne disparaît pas pour autant du paysage de l’Aviron, puisqu’il sera pendant longtemps président d’honneur de la société.

 

Le nouveau Président organise avec succès une tombola géante dotée de plusieurs automobiles Citroën comme prix, pour financer la société. Le succès est au rendez-vous.

 

Sont fabriquées sur mesure pour le club par le fabricant DASSENET, à Saint Maur Les Fossés, deux yoles de mer à quatre rameurs et une yole de mer à deux rameurs ainsi que, grande nouveauté, deux outriggers à quatre rameurs et un outrigger à deux rameurs.

L’Aviron Grenoblois continue à organiser les régates du 14 juillet entre le pont de la Citadelle et le pont Marius Gontard, avec l’aide de la subvention municipale. La tribune officielle est dressée à ces occasions au niveau de l’actuelle gare du téléphérique. Les Dauphins de Grenoble (société de natation) et les Sauveteurs de l’Isère participent à la manifestation ainsi que des équipes de clubs d’aviron voisins, comme Aix-Les- Bains.

 

Le nombre de sociétaires s’accroissant, ainsi que le parc de bateaux, l’Aviron Grenoblois conquiert ses premiers succès sportifs marquants : en 1927 l’équipage POUX-TARDY, barré par OMESSI, sur la yole « Billot » arrivent second au championnats de France en mer à Saint Jean de Luz. Il est à remarquer que le vénérable « Billot » aura une carrière particulièrement longue car il était toujours utilisé comme bateau d’initiation dans les années 1980 (quand tous les autres étaient déjà sortis, toutefois). Il garantissait à ses infortunés équipages débutants de ne dépasser le ponton qu’au prix d’efforts titanesques, tellement l’embarcation était lourde et désormais peu étanche. Par contre, la stabilité était, il est vrai, bel et bien au rendez-vous.

En 1928, le même équipage reprend la seconde place dans la même épreuve à Juan-Les-Pins.

 

A cette époque, un ancien rameur international, champion d’Europe sous les couleurs de Boulogne sur Mer, M. RICHER , arrive pour des raisons professionnelles à Grenoble et commence à entraîner les équipes de l’Aviron Grenoblois, notamment Les frères Marcel et Edouard BUTTARD, et le tandem POMAGALSKI –TARDY. Ces 4 rameurs deviendront en 1930 les premiers internationaux de la société en participant en 4 outrigger à un match triangulaire France – Italie – Belgique.

Jean POMAGALSKI, sera par ailleurs un des pionniers du développement des remontées mécaniques pour skieurs, et créera, après-guerre, la célèbre société POMA.

 

Le 1er titre de champion de France de l’Aviron Grenoblois est remporté en 1931 en deux yoles de mer à Bône, en Algérie (alors française) par les frères BUTTARD.

 

Pendant les hivers, les rameurs réparent les embarcations dans la villa du président FELTRIN, située rue Bizanet.

 

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Toujours en 1931, le Président FELTRIN doit se retirer pour se consacrer à son entreprise, il est remplacé par Raoul CIVET, rédacteur en chef du Petit Dauphinois. Georges TARDY est secrétaire du club de 1930 à 1932, puis entraîneur de 1932 à 1936.

En 1938, la paire Albert TOBEY – Henri GIVET donne un nouveau titre de champion de France à l’Aviron Grenoblois en deux yole de mer, à Marseille.

 

En 1935, le garage de la société est devenu de nouveau trop petit pour les bateaux. De plus, les vestiaires sont exigus et dépourvus de douches et de sanitaires. Convaincu par le Président CIVET, le Maire de Grenoble, le Docteur MARTIN, accorde l’aide de la commune à la construction d’un nouveau garage qui, comme en, 1924 est réalisé en partie par les rameurs. Ce garage, avec gardien, comporte deux travées, quatre rangées de support pour les bateaux, des vestiaires et des douches et un premier étage qui ne sera aménagé que plus tard. Cette construction est réalisée en retrait du chemin de halage, devenu le quai Jongkind, à l’endroit où se trouve le club actuel.

 

En 1939, la société doit faire face à un drame : la mort du Président CIVET lors d’un accident d’avion, ainsi que son pilote Alexandre André TELLET-LARENTE, alors qu’il allait à un reportage à Berlin. Louis BONNAURE, également journaliste au Petit Dauphinois, accepte la présidence de la société.

 

En septembre 1939, survient la seconde guerre mondiale et les rameurs du club se trouvent de nouveau mobilisés. En mai-juin 1940 la France est défaite par l’Allemagne. Grenoble se retrouve, jusqu’en novembre 1942 dans la zone non occupée, avant d’être occupée par les troupes italiennes (novembre 1942-septembre 1943) puis allemandes, jusqu’à la libération.

Albert TOBEY, montagnard émérite (il donnera son nom à une voie d’escalade dans le Chamechaude et dans la Meije), se distingue lors de la campagne de Norvège au printemps de 1940 et est décoré de la légion d’honneur. Quatre sociétaires (dont Roger VIANDE, Louis CROS, Edmond BRUN, membres du bureau) sont moins heureux et passeront tout ou partie de la guerre dans des stalags en Allemagne, un peu réconfortés sans doute par les colis que leurs fidèles amis de l’Aviron Grenoblois arrivent à leur envoyer de temps en temps, malgré les pénuries.

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L’activité de la société reprend pendant la guerre, malgré les multiples difficultés matérielles.

L’année 1943 sera même marquée par quelques bons résultats dans des régates régionales, grâce à l’entraîneur AMBLARD. Notamment, un huit seniors, emmené par LAVAUDANT, chef de nage, se classe second derrière le Rowing Club d’Aix-les-Bains dans le championnat Dauphiné-Savoie à Romans.

 

 

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1946-1985 : L’Aviron Grenoblois devient un club qui compte dans le paysage français

 

A la libération de Grenoble, fin août 1944, l’activité de la société peut recommencer à se développer, non sans difficultés.

 

Le club est de nouveau marqué par le deuil. Plusieurs de ses sociétaires ont été victimes de la guerre : ANDREAUD fusillé par les Allemands, FERRANTE arrêté et disparu, MARTIN, fusillé, PERLI Paul, assassiné par la Milice, BRIDIER, aviateur mort dans un accident. Heureusement, le club peut accueillir ses prisonniers libérés.

En 1945, malgré les restrictions, la société parvient à se procurer du bois pour aménager le 1er étage du garage, afin de protéger les bateaux qui souffrent des chutes de tuiles, de créer une salle de réunion et un bureau pour le secrétariat.

 

En 1946, la société fait l’acquisition de son premier huit « outrigger » digne de ce nom, acheté d’occasion à Meulan, mais rénové.

 

Cette même année, une première section féminine aurait été formée, mais elle entre en sommeil et ne reprendra son élan qu’à partir des années 1970.

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Malheureusement, toujours en 1946, un nouveau drame affecte le club: Paul DAVIN trouve la mort par hydrocution après que son deux barré se soit retourné dans l’Isère.

 

Cette année est d’autant plus difficile que l’Aviron Grenoblois est en crise : manque de régularité à l’entraînement des athlètes, démotivation des dirigeants. Le Président BONNAURE démissionne.

Jean FRANCES, ancien professeur du lycée Champollion accepte de prendre la présidence de la société. Il démissionne en 1947, suite à des querelles internes.

 

La fin de 1948 voit l’arrivée de Georges ROZIER à la présidence du club. Il accepte cette charge à la demande du bureau, après plus d’une année de vacance à la tête de la société. Ingénieur des Travaux Publics de l’Etat, il va présider pendant 33 ans aux destinées de la société. Ce très grand Président va permettre à l’Aviron Grenoblois de se hisser parmi les meilleurs clubs de France.

 

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En 1950, un autre « huit » outrigger est acheté et inauguré avec cérémonie.

 

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Dans les années 1950, les équipes du club sont entraînées par Robert FORNEY.

Les effectifs du club se situent à la fin de cette décennie aux alentours de 150 licenciés, niveau d’adhésion qui perdurera jusqu’à la fin des années 1980, avec des pointes jusqu’à 200 adhérents.

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Le club se met à organiser ce qui va devenir son traditionnel stage de perfectionnement à Charavines qui, en avril, permet aux rameurs de toutes les catégories de pratiquer sur un bassin moins agité que l’Isère et de progresser techniquement.

Les régates du club, notamment le match Grenoble-Turin, mais aussi des championnats de ligue et de la zone Sud-Est, sont organisées sur le lac de Laffrey. Un match France-Italie, ouvert aux autres sociétés des deux pays, y est même organisé en septembre 1968. Le lac est, à cette occasion, entièrement balisé à 6 couloirs. Ceux qui ont participé aux régates de Laffrey (Claude MASCI, Alain WACHE, entre autres) se souviennent combien les balisages étaient lourds et fatigants à installer, et ce d’autant plus qu’il fallait ensuite faire une ou plusieurs courses.

 

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Par contre, en 1968, la société renonce définitivement à organiser des régates pour le 14 juillet du pont de la Porte de France au pont suspendu, considérant que cette partie du bassin, en période de grosses eaux, est désormais trop dangereuse.

Au cours des années 1950 sont fixées les couleurs actuelles des maillots et des palettes des avirons de la société : palette bleu-blanc-noir et maillot blanc avec un chevron bleu et noir, qui succède à un maillot d’une couleur unie, avec un liseré noir. La couleur de ces anciens maillots est aujourd’hui difficile à déterminer sur les photos en noir et blanc. On peut cependant penser qu’ils étaient bleus avec un liseré noir, d’après un vieux fanion encore présent à l’Ile Verte.

 

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En 1959, l’Aviron Grenoblois enregistre son premier résultat sportif prestigieux : son huit seniors hommes « débutants » emporte la « Coupe des Provinces Françaises », ancêtre de coupe de France. Les membres de l’équipage (GOUT, MANSOUR, PERRET, AUBEL, CHEVALLIER, NICHILO, SIFAOUI, X) sont fêtés au club et devant les autorités locales, comme le montrent de nombreuses photographies de nos archives.

Le club se modernise : après-guerre, une camionnette avec galerie, puis des voitures puissante (dont une rarissime FORD Edsel, dans les années 1960) et des remorques permettent désormais de déplacer les bateaux en régates.

Le club, sous l’impulsion du Président ROZIER, cherche à augmenter son recrutement et se dote d’un « Centre d’Initiation Scolaire » (ayant pour moniteur Stéphane FANTINUTTI, rameur du club) qui est installé au sein du club et bénéficie du soutien de Jeunesse et Sports. Parallèlement, le club bâtit une relation forte avec le lycée des Pupilles de l’Air (situé à l’époque Boulevard Joseph Vallier à Grenoble) qui aura une section au sein du club pendant de longues années.

 

 

 

L’Aviron Grenoblois connaît une nouvelle évolution importante dans les années 1960. Entre 1962 et 1965, après une préparation du projet de plusieurs années, l’ancien garage est démoli et, parallèlement, est construit au même emplacement un immeuble moderne. Ce dernier abrite dans ses deux premiers niveaux les nouveaux garages, tank à ramer et locaux de la société. Cet immeuble, dénommé « l’Aviron » est toujours celui que nous connaissons actuellement. Cette opération a pu être menée grâce, notamment, à deux membres importants du club, M. CROIZAT-BLANC, promoteur immobilier, et M. BENOÎT, architecte. La construction, intelligemment phasée, permettra aux équipages de continuer à s’entraîner sans trop de gêne pendant les travaux, comme s’en souvient Jean-Pierre BONINI., ancien vice-président du club.

 

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Le nouveau club, inauguré en grandes pompes début 1966, avec ses deux profondes travées à bateaux, permet d’accueillir un nombre toujours croissant d’embarcations acquises grâce aux cotisations, au soutien de la ville de Grenoble, mais aussi aux ressources générées par les animations du club : le bal annuel, très couru à Grenoble, puis le loto. A l’époque, ces bateaux sont souvent baptisés des prénoms des enfants de donateurs ayant aussi permis leur acquisition. Ils eurent même parfois des noms de commerce, comme le raffiné «Au Bon From’Tom », deux barré Donoratico acquis en 1979, qui tire son nom de l’appellation d’une fromagerie.

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Dans les années 1960 et 70, le club achète des bateaux aux établissements Josserand, de Villefranche-sur –Saône, notamment un huit en 1960, le « Brigitte ».Cependant, à partir de la fin des années 1960, le club se tournera de plus en plus vers le fabricant italien « Donoratico » qui produit des bateaux d’un bon rapport qualité/prix, qui constitueront l’essentiel du parc du club dans les années 1970 et 1980. Le club acquiert aussi quelques bateaux suisses de la marque Stämpfli. J.P BONINI se souvient d’un 4 sans barreur acheté d’occasion dans les années 1960, qui malgré son grand âge (plus de 30 ans), était encore tout à fait « dans le coup » en course.

 

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A partir de 1985, seront achetés les premiers bateaux allemands Empacher pour les équipages de compétitions, d’abord en bois : le pair-oar « Elodie », puis deux quatre sans barreur, dont le « Président Perrin » (1985) et, en 1987, le huit « Grenoble Ville d’Avenir », acheté grâce à une subvention municipale.

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Parallèlement, le club se dote de bateaux adaptés aux débutants : notamment des yolettes à 4 rameurs à partir des années 1960, dont les premières yolettes en plastique « SADAC », fabriquées à Moirans, puis des doubles canoës en plastique à partir des années 1970. Les skiffs orange d’initiation « Julien » font aussi leur apparition de manière massive dans cette même décennie.

La suite de M. FORNEY, en tant qu’entraîneur, est prise par M. GUICHERD dans les années 1960, puis par Jean-Pierre BONINI, qui, de 1966 à 1979 devient responsable de l’entraînement, après une belle carrière de compétiteur. Il représente une nouvelle génération d’entraîneur, désormais formés par le passage des différents degrés du monitorat d’aviron.

Les succès sportifs de l’Aviron Grenoblois vont désormais crescendo.

 

Au début des années 1970, GRAND et LIFRAN, en 2 x Cadet, entraînés par J.P BONINI obtiennent une médaille aux championnats de France.

 

1972 : Jean-Noël GAVIOT est 4ème au championnat du monde juniors en quatre barré.

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1973 : le Huit cadet garçons de l’Aviron Grenoblois (Jean-Marc KIEFER, Jacques TABORSKI, Olivier DARRE, Michel MANDEL, Yves CHATELAIN, Jean-Charles COCHET, Serge PRIVAT, Christian PERE, barreur : Gilles CROS) entraîné par J.P BONINI et Jean-Yves ROGER remporte le titre de champion de France.

Cette victoire du huit cadets en 1973 est, dans l’histoire du club, une étape importante : elle fait entrer l’Aviron Grenoblois parmi les clubs habitués des podiums et titres nationaux.

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En 1974, sur la lancée, le huit junior garçons (Jean-Marc KIEFER, Jacques TABORSKI, Olivier DARRE, Edgar DARRE, Pierre CHATELAIN, Christophe ROCHE, Dominique MORINO, Serge PRIVAT, barreur : Gilles CROS), entraîné par J.N GAVIOT, est champion de France.

 

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Toujours en 1974, le deux barré juniors garçons (KIEFFER et TABORSKI, barreur : FIXOT) est champion de France, puis KIEFER et TABORSKI, deviennent vice-champions du monde juniors en 4 barré.

En 1975, KIEFER, TABORSKI (barreur : FIXOT) conservent leur titre de champion de France en deux barré juniors. Cette même année, le 4 barré juniors est vice – champion de France : J. M KIEFER (nage), J. TABORSKI, BOUVIER, S. PRIVAT.

 

1981 : Etienne CHOPOT et Christophe PACCHIANO sont champions de France en deux de couple juniors garçons

 

1982 : le club se place second au championnat de France dans l’épreuve reine, le huit seniors, avec Claude MASCI, Pascal VINCENTY, Jean CADIC, Philippe MAÎTRE, Franck MAÎTRE, PRENEY, Serge PRIVAT, Christophe PACCHIANO.

 

1984 : – Serge .PRIVAT, Pascal VINCENTY (« Minel »), Claude MASCI, Christophe PACCHIANO (« Pacchio ») sont champions de France en 4 de pointe sans barreurs seniors hommes

Le club, dans les années 1980, fait désormais partie des 15 meilleures sociétés d’Aviron de France, notamment du fait de ses bons résultats, les meilleurs rameurs s’entraînant déjà pour certains 10 fois par semaine.

 

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Sous la supervision de J.P BONINI, membre de l’équipe dirigeante (puis vice-président à partir de 1985), l’encadrement (bénévole) est formé dans les années 1980 de rameurs de haut niveau encore en pleine activité, qui font preuve d’énormément de dévouement : Dominique BASSET, rameur olympique (7ème au J.O de Moscou en 4 sans barreur, puis Conseiller Technique Régional), Claude MASCI, Serge PRIVAT, Alain WACHE, entre autres. L’époque n’est pas encore aux entraîneurs salariés et beaucoup de jeunes rameurs, dès qu’ils ont un peu de « bouteille » tentent, sous la supervision de leurs aînés, de transmettre leur savoir aux jeunes débutants, ou aux « loisirs », qui commencent à prendre de l’importance au sein de la société. Grâce à cette structure, l’Aviron Grenoblois est déjà un club où les méthodes d’entraînement sont efficaces et où la sécurité et la santé des sociétaires, particulièrement des jeunes, est bien prise en compte

 

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Le président ROZIER, après plus de trois décennies au service de l’Aviron Grenoblois, doit quitter son poste pour raisons de santé en 1981. Il décèdera en 1982. Maurice PERRIN, membre du club depuis 1945, et ancien secrétaire, lui succède, mais, malheureusement, décèdera à son tour en 1985.

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Depuis 1985 : L’accès à l’élite

 

Suite au décès du Président PERRIN, Elie DARRE, dirigeant des « Etablissements ROULET » (entreprise grenobloise de papeterie et de fournitures de bureau), et père de deux des rameurs du huit juniors champions de France en 1974 est porté en 1985 à la présidence, avec J.P BONINI comme vice-président.

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L’Aviron Grenoblois va alors passer une nouvelle étape vers le sommet de la hiérarchie nationale.

1985 : Philippe Maître, Etienne CHOPOT, Eric JACQUOT, Alain WACHE sont vice -champions de France en 4 de couple seniors hommes

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1986: PRIVAT, VINCENTY, MASCI, PACCHIANO sont de nouveau champion de France en 4 de pointe sans barreurs seniors hommes, cette fois en poids légers

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1987 : C.MASCI fait partie du 8 seniors poids légers de l’équipe de France finaliste aux Championnats du monde à Copenhague

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1987 : D.BASSET, S.PRIVAT, F. MAÎTRE, P. VINCENTY remportent le championnat de France Sprint (1000 m) nouvellement créé, en 4 sans barreur de pointe.

Toujours en 1987, au championnat de France sur 2000 mètres à Mantes-La-Jolie, le huit seniors grenoblois s’octroie la médaille de bronze avec : Eric JACQUOT (nage), Christophe PACCHIANO (2), Claude MASCI (3), Etienne CHOPOT (4), Serge PRIVAT (5), Pascal VINCENTY (6), Alain WACHE (7), Luc MONTIGON (8), Thierry MASCI (barreur).

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1988 et 1989 : S. PRIVAT et A.WACHE remportent l’épreuve du 2 sans barreur de pointe aux championnats de France Sprint

 

1989 : A. SOURY-LAVERGNE et E. CHABERT sont champions de France en deux sans barreurs juniors et sélectionnés en équipe de France junior.

 

Sous l’impulsion des dirigeants, l’encadrement du club va se professionnaliser à partir du début des années 1990 : Claude MASCI, moniteur de la ville de Grenoble, va être détaché auprès du club et Alain WACHE va devenir Directeur Technique salarié de la société.

 

Grâce à cette structure, le club va pouvoir à la fois encore améliorer la valeur technique de ses équipes de compétitions, jeunes, seniors, féminines, mais aussi améliorer l’accueil de publics tels que les pratiquants loisirs, les scolaires, les étudiants, les entreprises, ce qui permet d’augmenter le recrutement du club, dont le nombre de licenciés va se mettre à tourner autour de 250 dans les années 2000.

 

D’autre part, l’Aviron Grenoblois, va se trouver dans la situation peu commune d’être un club bénéficiant de deux sites de pratiques, de deux bassins.

 

En effet, depuis fort longtemps, l’Aviron Grenoblois avait cherché des solutions pour trouver des « bassins de rechange » pour s’affranchir de l’impétuosité de l’Isère de l’Ile Verte, notamment en période de crue ou pour pouvoir organiser des régates dans des conditions satisfaisantes.

Depuis le début du 20ème siècle, des régates ont lieu sur le lac de Charavines, avant que la société n’y mette en place un stage annuel à partir des années 1950. Dès les années 1920, les régates ont commencé à être organisées plutôt sur le lac de Laffrey. Dans les années 1980, avant les championnats de France qui se tenaient en juillet, les entraînements en bateaux avaient lieu sur ce lac, pourtant éloigné de 30 km, l’Isère en crue offrant des conditions techniques catastrophiques. Dans ces mêmes années, était également utilisé de manière ponctuelle le plan d’eau situé le long de l’autoroute de Lyon, à Saint-Egrève. Plus proche que Laffrey, celui-ci était cependant peu adapté du fait de son étroitesse et de sa faible longueur. En 1973, une extension du lac de la Terrasse pour l’adapter à la pratique de l’Aviron avait même été proposée au Comité Régional de Tourisme par l’Aviron Grenoblois pour en faire un stade nautique, mais sans succès. L’Aviron Grenoblois demeurait donc toujours marié à son sacré bassin, mi-rivière, mi-torrent.

 

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En 1992, fut mis en service par EDF le barrage de Saint-Egrève, créant de fait un bassin très adapté à la pratique de l’Aviron. Dès le projet connu, l’Aviron Grenoblois s’empara de ce futur plan d’eau et essaya de sensibiliser les collectivités locales à l’intérêt qu’il y aurait à créer au bord de ce bassin une base nautique permettant la pratique de l’aviron dans de bonnes conditions. Un projet très ambitieux vit même le jour à la fin des années 1980, dessiné par l’architecte MIGNEREY, mais il resta sans suite.

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Si l’autorisation de ramer sur le nouveau bassin fut donnée rapidement, les installations se firent par contre beaucoup attendre. Pendant longtemps, les bateaux furent entreposés en plein air et les rameurs durent pratiquer sans abri, ni sanitaires, ni douches.

Au milieu des années 1990, un garage fut construit par le Conseil Général sous le nouveau Pont d’Oxford, permettant au moins d’entreposer les bateaux à l’abri, mais toujours sans vestiaires.

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Il faut attendre 2002, après un long travail de « lobbying » par le club, dont une manifestation (bon enfant, évidemment) devant la mairie de Grenoble, pour que la Communauté d’Agglomération construise la base « provisoire » du Pont d’Oxford que nous connaissons aujourd’hui.

Cependant, malgré toutes ces difficultés, le nouveau bassin fut un élément primordial du développement du club et de ses résultats depuis les années 1990. Permettant une pratique plus aisée et de meilleures sensations techniques, ce nouveau bassin n’est pas pour rien dans l’explosion des résultats du club et son attractivité envers de nouveaux pratiquants de toutes catégories.

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Du point de vue compétition, est particulièrement à souligner la très grande réussite de la section féminine. Créée en 1946, mais connaissant ses véritables début dans les années 1970 (c’est à cette époque que les vestiaires « filles » sont rajoutés à l’Ile Verte), la section féminine explose à partir du début des années 1990.

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Ainsi, des rameuses comme Sabine AGOGUE-DA DALT, Laurence BERNARD, Sylvie CHEVALIER, Bénédicte LUZUY-DORFMAN, Amélie HERENSTEIN, Anne-Julie SELLIER, Cécile BRULEBOIS, Florence CARREEL, Héloïse NIEF, Sophie LAPLACE, Solenne HAMON-GIRAUDI, Sylvie ALIBEU, entre autres, offrent au club dans la dernière décennie du millénaire de multiples titres de championnes de France.

Conséquence logique, l’Aviron Grenoblois devient premier club français au classement féminin de 1993 à 2002, sauf en 1994 (4ème) et en 1996 (3ème).

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Les garçons ne sont pas en reste : Vincent CHÂTAIN, Xavier DORFMAN, Aubin SOURY-LAVERGNE, Loïc SIBEUD, Ismaël FLORES, François-Xavier DEMARLE, Marian CHATENET, Thibault PARMENTIER, Christophe ALIX, entre autres, monteront aussi de nombreuses fois sur la première marche des podiums nationaux avant l’an 2000.

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Tout cela sans compter les très nombreuses médailles obtenues au niveau national et les rameurs et rameuses du club sélectionnés en équipe de France.

Grâce aux extraordinaires performances des filles et aux très bonnes performances des garçons, l’Aviron Grenoblois conquiert ainsi la 1ere place du classement général hommes / femmes de 1997 à 2002, puis de nouveau en 2009 et en 2011 et 2012.

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Mais, sportivement, le point d’orgue pour notre club reste la médaille d’or remportée aux Jeux Olympiques de 2000 à Sydney en 4 sans barreur poids léger par Xavier DORFMAN, rameur ayant fait la plus grande partie de sa carrière au club..

 

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Après avoir donné une nouvelle dimension au club avec la professionnalisation de l’encadrement, l’ouverture sur l’aviron scolaire et universitaire et l’accès à l’élite nationale, Elie DARRE, autre grand président du club après Georges ROZIER, se retire en 2000.Il nous quittera malheureusement peu après. Chaleureux, généreux, humain, il évoque chez ceux qui l’ont connu un très beau souvenir et une belle époque de l’Aviron Grenoblois.

Après une période de transition, Thibault PARMENTIER prend, à la suite du Président DARRE, les rênes de la société, lui permettant de continuer son aventure.

Face aux difficultés financières, le club s’ouvre aux entreprises avec les Masters de Grenoble qui deviennent les Trophées de l’Isère, puis Isère EDF Trophy. Cet évènement permet d’accueillir plus de 400 nouveaux pratiquants chaque année et de leur faire découvrir l’aviron dans le cadre de l’entreprise

Avec la retraite sportive de la génération dorée qui a fait les beaux jours des années 1990, le club continue son effort de détection et de formation des jeunes. Il s’appuie notamment pour cela sur le travail d’enseignants passionnés, dont Irène BOUCHER, ce qui permettra de faire émerger la génération des années 2010-2020. Parmi ces jeunes rameurs et rameuses, Noémie KOBER obtiendra les résultats les plus précoces et visibles avec une deuxième place aux Jeux Olympiques de la Jeunesse en skiff en 2011.

Noémie KOBER est accompagnée par des athlètes comme Léa DURET, Margaux SEGRAIS, Ingrid MAGNIN ou Nadia et Marion GUILLY qui écumeront les podiums féminins, tout comme Clément DURET, Pierre D’AGATA, Edouard JONVILLE, et d’autres écumeront les podiums masculins. 

En parallèle, dans la continuité lignée de la génération DORFMAN, certains grands rameurs viennent finir leurs études ou commencer leur carrière profesionnelle à Grenoble tout en profitant de l’encadrement de haut-niveau dispensé par Alain WACHE, toujours directeur technique. On compte parmi eux Bastien GALET, Donatien MORTELETTE ou Antony PERROT, tous trois finalistes aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004.

Aujourd’hui, l’Aviron Grenoblois est toujours dans le sommet de la hiérarchie des clubs français. Sa base du Pont d’Oxford est désormais une antenne du « Pôle France » de haut niveau, et le club œuvre désormais, pour pouvoir continuer sa longue carrière, à ce que se concrétise le projet d’un nouvelle base nautique sur le site du Pont d’Oxford.

 

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Remerciements

 

Je tiens à sincèrement remercier toutes les personnes qui, membres passés ou présents de l’Aviron Grenoblois, ou extérieures à la société, m’ont aidé par leur temps, leurs souvenirs ou leurs documents à écrire ce petit ouvrage sur notre cher vieux club.

 

 

Le 27 septembre 2013

 

Le Secrétaire de l’Aviron Grenoblois

Guillaume VEYRET-ABRAN

 

 

 

Table des matières

1893-1914 : un commencement modeste. 1

1919-1939 : le développement de la société et les premiers résultats marquants. 9

1946-1985 : L’Aviron Grenoblois devient un club qui compte dans le paysage français. 14

Depuis 1985 : L’accès à l’élite. 35

 

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